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Interview Infocinemusic (extraits)
Laura Jess - 15 Décembre 2014
Laura Jess : Bonjour, Mister Février, pouvez-vous vous présenter ?
Mister Février : Je suis un homme de partout et un enfant de nulle part. Je chante depuis l'âge de 11 ans. J'écris des chansons et je suis accompagné de mon cheval a bascule.
Laura Jess : D'où vous vient ce cheval à bascule et depuis quand vous accompagne t-il?
Mister Février : Il m a été offert par ma grand mère allemande quand j'avais un an et il m'accompagne sur scène et quand j étais enfant je lui parlais.
Laura Jess : Pourquoi avoir choisi ce nom de scène?
Mister Février : Je m'appelle vraiment Février, je revendique ce nom, il vient du nom d'un enfant trouvé en 1948, mon nom vient de là. J'ai toujours aimé "mister" et le dandysme anglais des années 1960, "Amicalement votre", "Chapeau melon et bottes de cuir", ne pas se prendre au sérieux, quoi.
Laura Jess : Quel est votre univers musical?
Mister Février : Mon univers musical, ce sont les chansons qui voyagent, en français.
Laura Jess : Et avez-vous un petit mot pour nos lecteurs?
Mister Février : Prendre le temps, c'est ce qu'on en fait, il se prend, il ne se perd pas et merci de prendre du temps avec moi pour cette interview.
Article de Pascal Pacaly (extraits)
Pascal Pacaly - 20 Novembre 2014
Il fallait le voir, dans sa plus belle gloire. Lunettes géantes, plumes sur costumes, poudre dans le nez, sûrement. Une folie qu'on guette au coin du pouls. Ou une solitude qui n'en porterait pas le nom, au choix. Quoiqu'il en soit, l'homme vient de sortir chef-d'oeuvre sur chef-d'oeuvre : Goodbye Yellow Brick Road, Blue Moves, Captain Fantastic and the dirt bown cowboy. Vous l'avez reconnu, Elton John est sur son piano, il se pame d''extravagance. L'enfant qui regarde, lui, n'en perd pas une miette. Yeah, true Rock'n roll star....
Faut dire que c'est le temps de l'adolescence. Sèche les cours pour mieux squatter la salle de musique du lycée. Forcément, les parents, pour peu que ça serve à quelque chose, après la chanson française, voilà qu'ils apportent une platine cd. Happy Birthday Mister F. Et comme faut bien expérimenter, pimenter la bête, choisir un disque presque au pif, parce que la pochette est jolie. Et ouais, elle l'est, mais pas que. Ce disque, c'est "London Calling" des Clash. Evidemment une révolution. Mais les Clash, c'est surtout le début de l'aventure : les Cure, PJ Harvey et surtout Nick Cave qui va lui donner envie de monter sur scène, son Olympia 2001 restant gravé dans la mémoire.
L'inspiration, c'est aussi le cheval à bascule. Oui, et pourquoi pas ? Encore un happy anniversaire : le premier, en fait. Cavalier solitaire qui chantera les b.o qui passeront à la télé...une poésie de l'enfance qui le suivra même un peu trop grand, trop grand pour monter la cavalcade. N'empêche, la bascule fait désormais partie du décor... L'inspiration, c'est enfin l'Allemagne, les vacances à Coburg avec le grand-père tombé amoureux d'une fille outre-Rhin. C’est après la guerre, la seconde, l'autre mondiale. Et quand l'homme parle, quand les souvenirs remontent à la surface...et là aussi, tu écoutes, tu écoutes... Tu absorbes. (...) Paris, Inévitablement. Là où te se passe. Creuset d'une culture, d'une identité. Théâtre, radio, lectures... l'homme voyage. 2007 : on ne s'étonne pas. Premier album : Bus de nuit. Le titre parle de lui-même. Une chanson française, dénominateur, fédérateur. Communs, donc. Et puis l'Angleterre. Le voyage, encore, toujours. Les rencontres, les frissons, les lives... oui la scène...
De Tcheky Karyo à Yaël Tama, les soirées parisiennes sont l'éclosion de parfums, sens, idées. (...) Les frontières sont des interdits qu'on veut, qu'on doit franchir. Le temps qu'il faudra ? Un longtemps. Planning des hommes pressés ralentis les projets, eux, pas si pressés. (...) Les hommes sont fidèles, têtus. On n'oublie pas, rien. Et puisque le vent souffle, autant voler avec lui. Les gens, décidément, ne sont pas de passage. Écrivains, peintres, chanteurs, les nuances sont une danse. Thomas - oui, Thomas Février - va reprendre, triturer, étendre, et finalement développer l'idée : chez lui, ils viendront le voir. Jouer. Piano-concert pendant quarante-cinq minutes... et quand le rideau se baisse, quand les rires montent, l'artiste regarde tout ça. Dans sa cour, il admire le mélange des genres, ces peintures vivantes, ces humains, qui, pour une fois, ne seraient pas si loin... toutes ces âmes vont se mêler...et donner naissance à " Mister Février", en 2011. Trois ans plus tard. Accouchement, long, mais heureux. Les titres sont les reflets de l'artiste : "Quitter Paris", " Nowhere Child", "L'histoire d'une histoire". C'est donc un conteur voyageur. Un homme du monde. " Je poursuis la course immobile d'un enfant qui se tait" lance-t-il.
Sûr que le môme sourit maintenant. Il a trouvé à qui parler....Il a trouvé Mister Février.
NOS ENCHANTEURS
Norbert Gabriel - 8 Octobre 2014
... Mister Février termine la soirée en beauté, le piano attaque avec la rage de vivre et de jouer qui devait animer les boites de jazz over the sea, quelque part entre Boston et la New Orleans quand les enfants de Jelly Roll Morton et de Memphis Slim (leurs enfants musicaux, évidemment) balançaient leurs tempos en profession de foi: «Je joue donc j’existe !» Il y aussi un superbe duo avec Jérémie Kisling, c’était parfait pour terminer cette soirée très chaleureuse, avec trois talents complémentaires, une parfaite gestion des changements de plateaux, rapides, efficaces, impeccables.
LE HIBOO
Rod
En relisant ma petite bafouille de la prestation de Thomas Février au Zèbre, je me rends compte à quel point j’ai mésestimé le personnage. Certes, j’avais été happé par son univers et ses mélodies somptueuses, mais je n’avais pas réalisé à quel point les dites mélodies étaient magnifiques, sans oublier cette putain de voix incroyable, avec une tessiture possédant une élasticité extraterrestre. Le show semble plus rock, ou plutôt devrais-je dire plus rentre-dedans que dans mes souvenirs, et indubitablement, ça me plait davantage. Une grande partie du public – invitée – est venue pour le prodige, et l’osmose est quasi immédiate. Pour être franc, je ne m’en remets toujours pas, et je ne vois pas comment, avec des mots simples, expliquer la virtuosité globale, la présence scénique captivante, l’évolution très « prog » de certaines chansons, les envolées vocales qui prennent aux tripes (« Dans mon lit », la chanson qui tue tout) … non je ne vois pas. Il est de ces artistes où vous vous sentez directement connectés, où vous avez la forte impression que les notes ont été écrites pour votre âme, une sensation symbiotique qui se vit plus qu’elle ne peut être décrite. Se pose alors une question – en tout cas, je me la pose : pourquoi Thomas Février n’est-il pas connu ? Et pourquoi ce dernier n’est-il pas programmé dans des festivals parisiens ? Beau, charmant et charmeur, voix magnifique, charisme indéniable, des mélodies somptueuses, un band qui assure et transporte les compositions … un truc m’échappe sérieusement. L’auditoire présent en revanche ne s’y trompe pas : conquis du début jusqu’à la fin, jusqu’à demander un rappel que l’artiste ne peut refuser. Vous l’avez compris, je suis fan.
LE HIBOO
Rod
D’emblée, le personnage séduit. Il faut dire qu’il a tout pour lui : il est plutôt beau, il a une voix singulière, ses textes sont très bien écrits et ses parties de piano, tantôt subtiles et caressées, tantôt brutales et martelées, sont une démonstration permanente d’un sens lyrique raffiné, un peu de la même trempe d’un Bab’X (en moins symphonico-technique, cependant). L’homme semble vénérer Patrick Dewaere ; la photo de l’acteur disparu figure même sur le piano. Quoiqu’il en soit, le charme opère et l’auditoire présent réclamera un rappel, amplement justifié par une prestation - trop courte ! - mélangeant humour et amour, tendresse et passion, musicalité et interprétation parfaite.
LE DAUPHINÉ
ndlr
Thomas Février revient donc dans notre région, et pour sa première représentation en dehors de la capitale, nous a offert un concert mémorable, faisant lever le public de sa chaise et taper dans les mains, chose rare au festival Eclats. Jouant du piano (quelquefois debout) et chantant avec une voix extraordinaire, Thomas a su se faire aimer du public.